Rétinite pigmentaire (RP) : symptômes, signes et diagnostic
Reconnaissez les signes typiques de la RP, comprenez son évolution et découvrez comment le diagnostic est établi et ce qui est important maintenant.
En bref : qu'est-ce que la RP – et qu'est-ce que cela signifie pour moi ?
La rétinite pigmentaire (RP) est un terme générique désignant des maladies rétiniennes héréditaires. En termes simples : les bâtonnets (vision crépusculaire) perdent généralement leur fonction en premier, suivis souvent par les cônes (couleurs, détails). La RP n’est pas curable ; le traitement TES vise à préserver les fonctions visuelles le plus longtemps possible et à bien gérer le quotidien.1 De nombreuses personnes atteintes remarquent d’abord des problèmes de vision nocturne, qui évoluent vers une perte de la vision périphérique, tandis que le centre (lecture, reconnaissance des détails) reste relativement préservé au début1. Pour une petite proportion (environ 1 à 6 %) présentant une forme génétique particulière (RPE65), une thérapie génique existe.1
Important :
la RP évolue différemment d’une personne à l’autre.
Le début, le rythme et les symptômes varient d'une personne à l'autre. Beaucoup trouvent des stratégies pour bien organiser leur quotidien – le soutien des ophtalmologistes, la rééducation et les aides techniques sont utiles.1
Premiers signes :comment reconnaître la RP au quotidien
Vos yeux mettent longtemps à s’adapter à l’obscurité ? Incertitude dans les escaliers ou les pièces mal éclairées ? Ce sont des signes précoces typiques (problèmes de vision nocturne, adaptation lente à l’obscurité).1
Beaucoup remarquent que la vision périphérique diminue – on se cogne plus souvent, on ne voit pas les personnes ou objets « du coin de l’œil ». Subjectivement, une « vision en tunnel » apparaît progressivement, tandis que la vision centrale reste souvent bonne plus longtemps.1
La sensibilité à l’éblouissement, la réduction du contraste et l’altération des couleurs sont fréquentes. Des astuces quotidiennes (par ex. filtres de bord, éclairage uniforme) peuvent apporter un soulagement notable.1
Certains voient des éclairs lumineux (photopsies) ou des scintillements. Ces symptômes existent, mais ne sont pas spécifiques.1
- vous êtes incertain au crépuscule ou vous vous cognez souvent.
- les couloirs étroits/rayonnages posent problème.
- vous réagissez fortement à la lumière/l’éblouissement.
- des maladies rétiniennes existent dans votre famille.
Diagnostic : comment se déroule l'examen chez l'ophtalmologiste
Entretien et antécédents familiaux
L’entretien porte d’abord sur votre histoire : depuis quand les symptômes existent-ils ? Y a-t-il des cas dans la famille ? Quelles situations quotidiennes sont difficiles (par ex. obscurité, escaliers, conduite automobile) ? Les maladies associées et les médicaments sont également importants. (Remarque : dans les formes syndromiques comme Usher, l’audition peut également être affectée).1
Examens et imagerie (fond d'œil, OCT, FAF)
- Fond d’œil : le fond de l’œil est examiné (vaisseaux, pigment, nerf optique). Les modifications pigmentaires classiques ne sont pas obligatoires – un résultat normal n’exclut pas la RP.
- OCT (tomographie par cohérence optique) : des images en coupe montrent les couches de photorécepteurs et aident au suivi de l’évolution.
- FAF (autofluorescence du fond d’œil) : rend visibles les modifications métaboliques ; des motifs typiques soutiennent le diagnostic et l’évaluation de l’évolution.
Ces éléments fournissent ensemble une image claire – votre médecin vous expliquera ce qui est pertinent dans votre cas.1
Mesure du champ visuel (périmétrie)
La périmétrie évalue l’étendue de votre vision périphérique. Le résultat est un paramètre central de suivi, car la RP affecte principalement la vision périphérique. Dans les études, on utilise notamment la périmétrie (semi-)cinétique (par ex. cibles Goldmann V4e/III4e).2
Électrorétinogramme (ERG)
L’ERG mesure la réponse électrique de la rétine à la lumière. Dans la RP, ces signaux sont souvent atténués – une preuve fonctionnelle objective, particulièrement utile chez les enfants ou en cas de résultats de test incertains (votre médecin discutera de l’utilité et du déroulement).1
Test génétique : quand est-il utile
Un test génétique peut clarifier la cause, faciliter les pronostics et ouvrir l’accès à des études ou des thérapies ciblées. Important : un test génétique normal n’exclut pas la RP – toutes les modifications ne sont pas encore connues aujourd’hui.1
Évolution : comment la RP se développe-t-elle – et à quelle vitesse ?
La RP progresse, généralement sur de nombreuses années. Le champ visuel est particulièrement affecté : la surface du champ visuel diminue de manière exponentielle ; la littérature décrit des réductions annuelles d’environ 5 % à 17 % – selon la méthode de mesure, la situation initiale et la génétique.2 Pour des affirmations fiables, des contrôles réguliers et standardisés sont importants (même procédure, conditions similaires).2
Bonnes nouvelles : ce qui peut influencer favorablement l'évolution
Électrostimulation transcornéenne (TES) avec OkuStim®
Avec la TES, de faibles impulsions électriques sont délivrées à l’œil via une fine électrode. L’objectif est d’activer les mécanismes de protection dans la rétine et ainsi de préserver plus longtemps la fonction visuelle.
Ce que montrent les données cliniques : dans une étude interventionnelle randomisée sur un an avec traitement TES hebdomadaire, la perte annuelle de la surface du champ visuel était moindre dans les yeux traités que dans les yeux non traités ; de plus, un effet dose-dépendant a été observé (intensité de courant plus élevée → effet plus fort).2
Sécurité : les événements indésirables sont survenus principalement sous forme de symptômes légers et transitoires (principalement « yeux secs ») ; aucun événement grave lié à la thérapie ou au dispositif n’a été signalé. Aucune relation dose-risque pour les effets secondaires n’a été observée.2
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? La TES ne guérit pas la RP. Elle peut cependant contribuer à préserver plus longtemps la fonction visuelle encore présente. Discutez avec votre ophtalmologiste pour savoir si la TES est appropriée pour vous.2
Parcours vers la thérapie
- Évaluer l’éligibilité : conseil et examen initial dans un centre spécialisé
- Réglage personnalisé : définir le seuil de stimulation et l’intensité du courant adaptés à chaque patient
- Utilisation à domicile : dans les études, une application une fois par semaine pendant 12 mois ; votre médecin définit avec vous la fréquence adaptée2
- Contrôles de suivi : réguliers (p. ex. champ visuel / OCT) afin d’assurer une évaluation objective de l’évolution2
Aides visuelles, rééducation et vie quotidienne
De nombreuses mesures aident immédiatement :
- Réduire l’éblouissement : filtres sélectifs, casquette à visière, éclairage homogène
- Améliorer les contrastes : caractères grands et lisibles ; forts contrastes entre clair et foncé
- Préserver la mobilité : rééducation basse vision, éventuellement canne blanche ; applications et lecteurs d’écran
- Travail/école : aménagements compensatoires, logiciels d’agrandissement et de lecture vocale, traiter de manière ciblée les maladies associées (par ex. cataracte, œdème maculaire) – ces mesures améliorent l’autonomie et la qualité de vie – un objectif central de la prise en charge de la RP.1
Quand dois-je consulter un médecin ?
- Signes d’alerte précoces : incertitude dans l’obscurité, heurts fréquents, problèmes dans les environnements mal éclairés.1
- Antécédents familiaux : des cas de RP existent dans la famille ? Faites-vous examiner et conseiller précocement.1
- RP connue : pensez à effectuer des contrôles réguliers (champ visuel, OCT, éventuellement ERG) — afin de détecter les changements à temps et d’adapter la thérapie si nécessaire.1
Questions fréquentes (FAQ)
Non. La RP évolue lentement et de manière très variable. Beaucoup s’en sortent bien longtemps dans la vie quotidienne, au travail et en famille – avec des aides techniques et une formation, souvent encore mieux.1
Cela dépend principalement du champ visuel. Votre ophtalmologiste l’évalue individuellement. En cas de rétrécissement important, la conduite n’est plus autorisée – la sécurité prime. (L’importance du champ visuel pour le quotidien et la mobilité est bien documentée.)1.2
Seulement pour quelques formes génétiques – par ex. RPE65 – une thérapie est approuvée. Un test génétique clarifie si cela pourrait être pertinent pour vous. Parallèlement, d’autres études sont en cours.1
Cela dépend des résultats, des objectifs et du quotidien. Si la TES convient, vous recevrez une formation et l’application peut se faire confortablement à domicile.2
Références
1 Cross N et al. Retinitis Pigmentosa: Burden of Disease and Current Unmet Needs. Clin Ophthalmol. 2022;16:1993–2010.
2 Stett A et al. TcES dose-dependently slows visual field loss in RP. TVST. 2023;12(2):29.
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